Meublés de tourisme : la loi Le Meur change la fiscalité dès la déclaration 2026
Si vous louez un logement en meublé de tourisme (type Airbnb) en complément de votre activité de propriétaire bailleur classique, une réforme votée fin 2024 produit ses effets sur votre déclaration de revenus 2025, à remplir au printemps 2026. Elle réduit sensiblement l'avantage fiscal dont bénéficiait jusqu'ici ce type de location.
Ce qu'était l'ancien régime
Avant cette réforme, un propriétaire de meublé de tourisme au régime micro-BIC bénéficiait d'un abattement forfaitaire particulièrement généreux :
- 50 % d'abattement, dans la limite de 77 700 € de recettes annuelles, pour un meublé de tourisme classique ;
- 71 % d'abattement, dans la limite de 188 700 €, pour un meublé de tourisme classé ou une chambre d'hôtes.
Ce qui change pour les revenus perçus depuis 2025
La loi du 19 novembre 2024 « visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale », dite loi Le Meur, modifie ces seuils et ces taux pour les revenus perçus à partir du 1er janvier 2025 — donc pour votre déclaration du printemps 2026 :
| Type de location | Ancien seuil | Nouveau seuil | Ancien abattement | Nouvel abattement |
|---|---|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 77 700 € | 15 000 € | 50 % | 30 % |
| Meublé de tourisme classé / chambre d'hôtes | 188 700 € | 77 700 € | 71 % | 50 % |
| Location meublée longue durée (hors tourisme) | 77 700 € | 77 700 € (inchangé) | 50 % | 50 % (inchangé) |
Le point le plus important pour beaucoup de propriétaires : si vos recettes annuelles en meublé de tourisme non classé dépassent désormais 15 000 € (contre 77 700 € auparavant), vous basculez automatiquement hors du régime micro-BIC et devez passer au régime réel, avec une comptabilité plus lourde (mais qui permet de déduire vos charges réelles plutôt qu'un abattement forfaitaire).
Le DPE s'étend aux meublés de tourisme
La loi impose désormais une performance énergétique minimale pour les meublés de tourisme (hors résidence principale et hors Outre-mer), avec un calendrier d'application qui suit, avec certains ajustements, celui déjà en vigueur pour les locations classiques. Les dates précises de bascule par classe DPE pour les meublés de tourisme spécifiquement varient selon les sources consultées ; je n'ai pas pu confirmer un calendrier unique et à jour avec certitude. Ce qui est confirmé : le non-respect de cette obligation expose à une amende administrative pouvant atteindre 5 000 € par logement.
Un autre levier local : la réduction du nombre de jours de location
Les communes ont désormais la possibilité d'abaisser le plafond annuel de location d'une résidence principale en meublé de tourisme de 120 à 90 jours par an. Certaines grandes villes ont annoncé leur intention d'utiliser cette faculté — vérifiez la position de votre commune si vous louez votre résidence principale une partie de l'année.
Faut-il reconsidérer votre stratégie ?
Cette réforme réduit mécaniquement l'écart de rentabilité fiscale qui existait entre le meublé de tourisme et la location classique (nue ou meublée longue durée), en particulier pour les meublés non classés dont les recettes dépassent 15 000 € par an. Selon votre situation, deux pistes méritent d'être étudiées avec un professionnel :
- Faire classer votre meublé de tourisme (démarche auprès d'un organisme agréé), pour bénéficier du seuil et de l'abattement plus favorables réservés aux meublés classés.
- Basculer vers le régime réel si vos charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, copropriété) dépassent ce que l'abattement forfaitaire aurait couvert.

