Dépôt de garantie : les délais de restitution à respecter pour éviter la pénalité
Votre locataire a rendu les clés : le compte à rebours est lancé. La restitution du dépôt de garantie (souvent appelé « caution » dans le langage courant) obéit à des délais précis, et un retard vous coûte cher. Voici comment vous y retrouver.
Deux délais possibles, selon l'état des lieux de sortie
L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi ALUR, distingue deux situations pour les baux signés depuis le 27 mars 2014 :
- 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée : aucune dégradation, aucun impayé constaté. Vous devez alors restituer l'intégralité du dépôt, sans retenue possible.
- 2 mois si l'état des lieux de sortie révèle des différences par rapport à l'état des lieux d'entrée. Vous pouvez alors déduire les sommes justifiées, mais devez restituer le solde dans ce délai.
Le point de départ est toujours la remise des clés par le locataire — pas la date de fin du bail, ni la signature de l'état des lieux si elle intervient plus tard.
Ce que vous pouvez retenir sur le dépôt de garantie
Les retenues doivent être dûment justifiées : loyers ou charges impayés, dégradations locatives constatées par comparaison entre les deux états des lieux (au-delà de l'usure normale, qui reste à votre charge). Une simple mention verbale ne suffit pas — vous devez pouvoir présenter des devis ou factures.
La pénalité en cas de retard : 10 % du loyer mensuel
Si vous dépassez le délai applicable, le dépôt de garantie restant dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges, pour chaque mois de retard commencé — même un seul jour de retard déclenche la pénalité du mois entier.
(Exemple illustratif : pour un loyer hors charges de 700 €, un retard de 3 semaines au-delà du délai légal déclenche une pénalité de 70 €, correspondant à un mois de retard entamé.)
Le cas particulier de la copropriété : la retenue de 20 %
Si votre logement est en immeuble collectif et que les comptes annuels de la copropriété n'ont pas encore été arrêtés au moment du départ du locataire, vous pouvez retenir jusqu'à 20 % du montant du dépôt de garantie, en attendant la régularisation des charges de copropriété. Vous devrez ensuite restituer la différence entre cette provision et les sommes réellement dues, une fois les comptes clôturés.
Montant maximum du dépôt de garantie, pour rappel
Le dépôt de garantie est plafonné à :
- 1 mois de loyer hors charges pour une location vide ;
- 2 mois de loyer hors charges pour une location meublée.
Il n'est pas obligatoire de le conserver sur un compte séparé : vous pouvez l'utiliser dans votre trésorerie courante, à condition de pouvoir le restituer dans les délais légaux.
Que faire en cas de désaccord avec votre locataire ?
Si votre locataire conteste une retenue, la première étape est la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de blocage persistant, une tentative de conciliation devant la commission départementale de conciliation est un préalable obligatoire avant toute saisine du tribunal.
Ce qu'il faut retenir pour votre gestion
- Fixez immédiatement la date de remise des clés — c'est le point de départ légal du délai, quoi qu'il arrive par ailleurs.
- Si l'état des lieux de sortie est conforme, ne traînez pas : vous n'avez qu'un mois.
- Documentez systématiquement toute retenue (devis, factures) avant de notifier votre décision au locataire.
- En copropriété, anticipez le cas où les comptes ne seraient pas encore clos : la retenue de 20 % est prévue pour cette situation, pas pour gagner du temps indéfiniment.

